Les plus beaux spécimen qui nous restent se découvrent au bord des chemins, en limite de champ, au fond des bois et dans la lande restée vierge de toute exploitation. Depuis le temps que je les fréquente, les rencontrant toujours avec plaisir lors de promenades, je désespérais de les connaître mieux. Et voilà que cet hiver, visitant le Musée National d’Archéologie à Saint-Germain-en- Laye, j’ai été stupéfait de trouver toute une vitrine consacrée à nos puyous ! J’ai pris quelques photos, et revenu à Ger, j’ai voulu en savoir plus. Les renseignements ne manquent pas, car de nombreux travaux ont été publiés. Le tumulus a fière allure, environ 2 mètres de haut, 10 mètres de rayon. Sa structure est de terre, de galets parfois disposés en anneaux concentriques ; il contient plusieurs fosses sépulcrales (de 6 à 10 en moyenne) recouvertes de grosses pierres. Chaque fosse contient en général une urne funéraire avec couvercle, un plat ou gobelet accessoire, le tout entouré de charbon de bois mêlés à des cendres et à une poudre d’os, restes manifestes d’un bûcher. Et, ce qui a toujours suscité le plus d’intérêt chez les chercheurs, le véritable trésor du tumulus, est le dépôt d’objets métalliques, en bronze ou en fer, à choisir parmi un inventaire assez divers : torque, bracelet, fibule, aiguille, ceinture, couteau, épée, lance, javelot, bouclier... On trouve aussi des éclats de silex. Le rite des funérailles a pu être reconstitué dans les grandes lignes : après la crémation du défunt, on mettait ses cendres dans une urne que l’on posait dans une fosse avec des dépôts votifs ; on fermait cette fosse à l’aide de pierres et de terre , et enfin on dressait un bûcher purificateur. Les chercheurs pensent que le silex qui avait servi à allumer le bûcher était laissé sur place « pour qu’il ne fut profané à d’autres usages ». Dans quelques cas, les armes du guerrier étaient même sacrifiées lors de la cérémonie car on a trouvé des épées tordues et des javelots de fer enroulés sur eux mêmes, déformations qui n’étaient pas dues au feu. C’était il y a 2600 ans… Et on ne sait pas grand chose sur les anciens Gérois, à part qu’ils se faisaient incinérer et inhumer avec armes et bijoux sous de grands tertres de terre. Ces puyous, soyons-en persuadés, ont encore beaucoup à nous apprendre. Ils constituent un patrimoine très original dont notre commune peut être fière. Et si l’intérieur de ces monuments est bien sûr réservé aux chercheurs qualifiés, rien n’interdit d’aller leur rendre visite … comme on irait au cimetière voir un glorieux grand-père.
Mardi, 31 Août 2010 13:29
Les Puyous de Ger : un patrimoine exceptionnel
On a recensé 340 tombes datant de l’âge du Fer sur le plateau de Ger ; les savants les appellent « tumuli » (au singulier tumulus), et les Gérois emploient plus volontiers le nom local « puyous ». Malheureusement les bouleversements et les aménagements des landes en ont fait disparaître bon nombre…
1 commentaire
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Mardi, 19 Avril 2011 20:46
posté par
Gerome
Je n'imaginais pas que nous avions ces trésors sur nos terres !!!
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